Oligothérapie
Considérations générales
Malgré leur présence en très faible quantité dans l’organisme, les oligo-éléments ont une importance primordiale. Ils jouent un rôle de catalyseurs enzymatiques dans les réactions biochimiques de l’organisme. Ils sont nécessaires au fonctionnement de notre corps car ils permettent d’activer les métabolismes, dont l’équilibre définit la santé.
Il y a moins d’un siècle, personne n’avait encore la moindre idée de l’utilisation des oligo-éléments en thérapeutique.
Aujourd’hui, la plupart des médecins sont convaincus de leur efficacité dans diverses pathologies, et tout particulièrement dans les pathologies fonctionnelles. Une parfaite connaissance de l’utilisation des oligo-éléments permet d’obtenir des résultats inattendus par les thérapeutiques classiques qui ne peuvent pas prendre en compte les variations fonctionnelles.
Il faut savoir que l’oligothérapie n’a rien à voir avec l’homéopathie, car même si les doses d’oligo-éléments prescrites sont extrêmement faibles, elles sont tout de même pondérables et loin d’être infinitésimales. Mais, malgré leurs conceptions théoriques et leurs applications pratiques bien différentes, ces deux disciplines thérapeutiques sont parfaitement compatibles et souvent complémentaires. De plus, l’oligothérapie se marie parfaitement à toute autre thérapie, et il n’y a pas d’interaction médicamenteuse entre les oligo-éléments et les médicaments, qu’ils soient allopathiques ou homéopathiques.
Historique
Au début du 20ème siècle, Gabriel Bertrand met en lumière le rôle des biocatalyseurs. Il étudie la composition élémentaire des tissus vivants et les transformations chimiques qui caractérisent leur activité biologique. C’est lui qui crée le terme « oligo-élément ».
Reprenant ses travaux, dès 1932, le Dr Jacques Ménétrier met au point des solutions de différents oligo-éléments et définit une méthode thérapeutique qui bouscule les principes de la médecine officielle. Médecine du terrain, ou fonctionnelle, l’oligothérapie ne s’attaque pas aux symptômes, mais aux causes tissulaires et métaboliques des maladies. Pour le praticien, la réceptivité aux maladies est en rapport avec les échanges organiques. Pressentant l’intérêt que pourrait présenter l’utilisation de ces éléments minéraux en médecine humaine, il va étudier leur incidence thérapeutique et dégager les indications propres à chacun d’eux. Les bases de la médecine fonctionnelle sont jetées.
« Je constatais qu’il n’existait que quatre combinaisons physico-chimiques possibles dans le règne vivant, soit : l’oxydation, la réduction, l’acidification ou l’alcanisation ».
Ces échanges peuvent être influencés par certains oligo-éléments tels le manganèse, le cuivre, l’or, l’argent, le cobalt, le zinc ou le nickel. Le Dr Ménétrier vérifie l’état des malades à partir de prélèvements sanguins. Si le sang est acide et réduit, les malades sont « Manganèse ». Ceux dont le sang est alcalin et réduit sont « Manganèse-Cobalt ». C’est ainsi qu’il élabore le concept de diathèse.
C’est le docteur Ménétrier qui, le premier, a codifié cette thérapeutique.
En premier, il a procédé à une classification des grands types de malades selon leurs facteurs héréditaires et leurs antécédents familiaux, leur réceptivité ou leur résistance aux maladies, leur comportement physique, intellectuel, et psychologique, les troubles auxquels ils sont sujets dans chacune des grandes fonctions de l’organisme.
Sa classification distingue quatre grands types de terrains qu’il a baptisés « diathèses », auquel s’ajoute le « syndrome de désadaptation » qui n’est pas en lui-même une diathèse et qui peut soit s’ajouter à l’une d’elle déjà existante, soit orienter un sujet jusqu’alors sain vers telle ou telle diathèse pathologique à l’occasion d’une quelconque « agression » (par exemple physique d’origine microbienne ou psychique).
Ensuite, il a déterminé, d’une part, les oligo-éléments simples ou associés susceptibles d’agir de façon générale sur chacun de ces terrains, d’autre part les oligo-éléments pouvant entrer en jeu pour réduire certains troubles spécifiques de telle ou telle grande fonction.
Les cinq diathèses
La classification du Dr Ménétrier est la référence. Elle distingue quatre grands types de terrains ou diathèses, auxquels s’ajoute le « syndrome de désadaptation ». Celui-ci peut s’ajouter à l’une d’elles ou orienter un sujet vers telle ou telle diathèse pathologique à l’occasion d’une quelconque « agression » physique, ou psychique.
Le classement d’un malade dans l’une ou l’autre diathèse dépend de ses facteurs héréditaires, de sa réceptivité ou de sa résistance aux maladies, de son comportement physique, intellectuel et psychologique, des troubles auxquels il est sujet dans chacune des grandes fonctions de l’organisme. Les diathèses portent le nom d’oligo-éléments, ce qui permet au thérapeute d’entreprendre un traitement aussitôt diathèse définie.
Diathèse I : Manganèse, dite diathèse allergique. Elle est dominée par une réactivité excessive et une agitation, de type allergique d’une part, et des manifestations fonctionnelles (éréthisme cardio-vasculaire, dyskinésie biliaire, hyperthyroïdie) d’autre part.
Optimisme, hyperactivité, émotivité. Manifestations morbides de type allergique : maladies de peau, troubles respiratoires, hypertension. Le manganèse est un modificateur de terrain dans les états arthritiques et les allergies franches. Il est indiqué pour les rhumes des foins, les migraines, les allergies alimentaires, l’eczéma allergique.
Diathèse II : Manganèse Cuivre, dite diathèse hyposthénique. On retrouve une fatigabilité physique et intellectuelle, une tendance à l’infection, notamment au niveau des voies aériennes supérieures. Ce syndrome se caractérise par des manifestations récidivantes d’infections ORL, pulmonaires, intestinales (entérocolites) et urinaires (cystites) et des manifestations inflammatoires aiguës rhumatismales (arthrites).
Calme, faible résistance à l’effort. Manifestations de type infectieux des voies aériennes supérieures et de la sphère ORL. Le Manganèse-Cuivre est indiqué dans les affections respiratoires allergiques ou infectieuses à répétition, pour l’anémie, l’arthrite récidivante, les otites à répétition, les fatigues physiques et intellectuelles.
Diathèse III : Manganèse Cobalt, dite diathèse dystonique. Elle se manifeste de préférence autour de la cinquantaine, et correspond à la diathèse allergique sur laquelle se greffent des troubles lésionnels liés à l’âge. Il s’agit essentiellement de manifestations arthrosiques dégénératives et de manifestations fonctionnelles neurovégétatives (colopathies et troubles gastro-intestinaux ; aérophagie ; dyskinésie biliaire ; gastro-duodénite ; manifestations anxieuses ; troubles vasomoteurs périphériques). Indiqué pour les troubles circulatoires des membres inférieurs, crampes, troubles digestifs tardifs, colites, varices, hémorroïdes, anxiété, émotivité.
Diathèse IV : Cuivre Or Argent, dite diathèse anergique. Elle se caractérise par une incapacité de réaction adaptée, et une déficience des défenses organiques se traduisant par des processus inflammatoires et infectieux récidivants avec une faible réactivité aux traitements chimiothérapiques. Vieillissement, perte brutale de vitalité, absence de toute réaction de l’organisme, dépression ; elle peut s’accompagner d’une atteinte psychologique, pouvant se traduire par un dégoût de la vie.
Le Cuivre-Or-Argent augmente la résistance aux maladies infectieuses et agit sur les états dépressifs et la fatigue générale. Il a une action sur tous les états inflammatoires aigus. Indiqué pour le rhume, la grippe, les courbatures, l’asthénie, le rhumatisme articulaire aigu, la polyarthrite chronique, le psoriasis.
Diathèse V : Zinc Cuivre et Zinc Nickel Cobalt, ou syndrome de désadaptation. Elle peut se greffer sur les quatre précédentes diathèses. Elle est caractérisée par des défaillances fonctionnelles de type endocrinien : troubles hormonaux, troubles du fonctionnement ovarien et du cycle menstruel, retard staturo-pondéral.
Le Zinc-Cuivre est relié aux organes génitaux de la femme et de l’homme. Indiqué pour les troubles fonctionnels génitaux : puberté, ménopause, syndrome prémenstruel, incontinence.
Le Zinc-Nickel-Cobalt est adapté au traitement des états hypophyso-pancréatiques et des états pré-diabétiques. Indiqué pour une digestion lente et difficile, des dysrégulations glycémiques, une hypoglycémie.
Ces associations de base sont utilisées de façon systématique. Elles sont associées à des oligo-éléments complémentaires, dont l’action est plus spécifique sur un certain nombre de signes et cible davantage l’organe-fonction. Tout est dans l’art subtil de la recherche d’équilibre. L’oligothérapie vise, là en effet, avant tout, à rééquilibrer l’organisme et à améliorer, si nécessaire, son fonctionnement général.
Mode d'utilisation
La voie perlinguale est la forme habituelle d’utilisation. Conserver le liquide pur ou le comprimé sous la langue pendant environ deux à trois minutes permet l’absorption directe des ions catalytiques dans le sang. Le contact avec les sucs digestifs acides entraînerait une certaine dégradation des oligo-éléments.
Chez le jeune enfant, il suffit de le verser sur un morceau de sucre, dans une cuillère en plastique pour éviter le contact avec un autre métal susceptible d’altérer les oligo-éléments.
Chez le nourrisson, verser le liquide à l’aide d’un compte-gouttes dans le sillon entre la gencive et la joue en maintenant la tête en position verticale.
Le meilleur moment pour prendre les oligo-éléments est le matin à jeun.
La voie locale n’est utilisée que pour l’association Manganèse-Cuivre comme cicatrisant et anti-inflammatoire.
Posologie
Les doses d’oligo-éléments ne varient pas, quels que soient l’âge ou le poids du malade. En revanche, la fréquence des prises et la durée du traitement sont variables.
Habituellement, la prise d’un oligo-élément ou d’une association tous les deux à quatre jours est suffisante.
Quand plusieurs oligo-éléments (ou associations) sont nécessaires, les prises sont alternées tout au long de la semaine à raison d’une seule catégorie par jour. Dans certains cas, purement fonctionnels, quelques prises pendant une quinzaine de jours peuvent suffire. Dans les affections organo-fonctionnelles, un traitement prolongé de plusieurs semaines — ou mois — s’avère souvent nécessaire.
